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Professeur de sociologie et d'histoire.
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mardi 17 janvier 2017

Trump sous surveillance



Ne soyons pas mauvais perdants. Donald J. Trump a gagné l’élection et deviendra président des États-Unis à partir du 20 janvier. Il a surpris les experts en sciences politiques, les médias et même l’establishment de son propre parti. Maintenant, donnons-lui sa chance! Après tout, il a toute la légitimité pour gouverner. 

jeudi 11 février 2016

Socialisme étasunien : un oxymore?

 La course à la présidence des États-Unis permet au monde entier de connaître Bernie Sanders, politicien du Vermont qui se définit comme « socialiste ». Être socialiste aux États-Unis, est-ce cohérent? Peut-on se dire socialiste sans risquer les amalgames avec le soviétisme, le castrisme ou la Corée du Nord, tous considérés comme ennemis de l’Amérique? Il semble que ce soit le pari de Sanders lors de cette élection.

Une démocratie gangrenée

Les États-Unis d’Amérique sont cités en exemple comme modèle politique. Avec raison. Après tout, le pays symbolise la liberté, l’innovation, le prestige. C’est dans ce pays qu’on retrouve les plus grandes universités (pensons à la Ivy League), les plus grandes entreprises d’innovation technologique (pensons à la Silicon Valley), les institutions financières qui dictent la marche à suivre à bon nombre d’États. Comme gendarme du monde (hard power), mais aussi comme modèle culturel (soft power), les États-Unis exportent encore chaque jour l’image d’une Amérique triomphante. Néanmoins, la campagne présidentielle actuelle soulève une fois de plus des questions immenses sur le caractère désuet de la démocratie étasunienne. Loin de symboliser le progrès et la liberté, ce système politique est sclérosé, élitiste et gangrené. Examinons la situation.

mercredi 16 juillet 2014

Richesse obscène



Selon le classement 2014 du magazine Forbes, le monde compterait maintenant plus de 1600 milliardaires. À eux, ils possèderaient l’équivalent de 6400 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le produit intérieur brut canadien (estimé par la Banque mondiale à 1519 milliards pour 2013). Impressionnant! Les fortunes des Gates, Slim, Ortega ou Zuckerberg font rêver. Ne s’agit-il pas d’un idéal que d’atteindre ces sommets astronomiques de richesse?

jeudi 29 août 2013

La Syrie : intervention aux conséquences imprévisibles

Une intervention militaire occidentale semble se préparer sur la Syrie pour les prochains jours ou les prochaines semaines. Des réactions de consternation fusent de tous les horizons (politiques, médiatiques et populaires) depuis les attaques commises aux armes chimiques le 21 août dernier (vraisemblablement par le gouvernement syrien). John Kerry, secrétaire d’État étasunien, parle d’«indécence morale». Il accuse nommément le gouvernement de Bachar al-Assad d’être responsable de ces attaques et d’être réticent à collaborer avec les enquêteurs de l’Organisation des Nations unies (ONU).

lundi 23 janvier 2012

Réinventer la démocratie

L’année 2012 sera une année électorale pour d’importants pays sur la planète : la Russie (mars), la France (avril et mai) et les États-Unis (novembre). Pourtant, compte tenu de la santé de la démocratie sur la planète, les attentes doivent demeurer modestes face aux transformations que ces élections provoqueront. À l’heure actuelle, des réformes du système sont nécessaires dans toutes les «grandes démocraties» de la planète, incluant ces trois pays. Elles sont même préalables à l’arrivée de politiciens audacieux, aptes à prendre les décisions qui s’imposent d’un point de vue écologique, socioéconomique et géopolitique.


vendredi 2 septembre 2011

Les dirigeants marionnettes


Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003, Saddam Hussein était arrêté par l’armée étasunienne à Tikrit. Il était pendu pour crime contre l’humanité, trois années plus tard, à la suite d’un procès devant un Tribunal d’exception irakien. Le 1er mai 2011, le président Barack Obama annonçait la mort du légendaire ennemi de l’Amérique Oussama Ben Laden. Presque dix années après les attentats du 11 septembre, le président des États-Unis déclarait que justice était enfin rendue. La guerre se poursuit pourtant toujours contre les talibans. 

mardi 9 août 2011

L'empire du court terme


La dévaluation récente de la cote de crédit des États-Unis par la firme privée Standard and Poor’s provoque une chute des marchés boursiers de la planète. Des «spécialistes» parlent d’une «correction» boursière temporaire. Rassurant? Non, pas tout à fait.

lundi 12 avril 2010

Mexicains au pied du mur

Aux États-Unis d’Amérique, l’immigration illégale est devenue depuis quelques années une problématique sociale majeure. Selon les estimations, plus de dix millions d’illégaux (en anglais : illegal aliens) habitent cette terre d’immigration que sont les États-Unis. Une forte proportion d’entre eux provient du Mexique. En effet, un million de clandestins passeraient la frontière chaque année.


mercredi 25 novembre 2009

Le Nobel de la paix en guerre

Le 9 octobre dernier, le comité Nobel annonçait le lauréat de son prix de la paix 2009. Il était décerné au président des États-Unis Barack Obama. Un peu moins d’un an après son élection, Obama se voyait décoré d’un des titres les plus prestigieux au monde. Pour quelles actions? Encore aucune. Obama reconnaissait lui-même que ce prix symbolisait plutôt «un appel à l’action».

Le comité Nobel a justifié le choix d’Obama par le retour à une diplomatie multilatérale ainsi que par ses efforts pour un monde sans armes nucléaires. Si le simple fait de rompre avec l’attitude conservatrice de l’administration Bush mérite un Nobel, cela en dit long sur la politique étrangère des 8 années de règne républicain (2001-2009).

Effectivement, de nombreux indices dénotent un réchauffement des relations internationales par rapport à ce qu’elles étaient. Il n’y a qu’à penser au discours au monde arabe qu’Obama prononçait au Caire en juin dernier. Le climat est plus propice à la diplomatie. Soit. Cependant, depuis le début du mandat d’Obama en janvier 2009, des dossiers tardent à se régler. Le 18 novembre, sur les ondes de la NBC, le président reconnaissait que la prison de Guantanamo ne pourrait être fermée, tel que prévu, pour janvier 2010. Rappelons qu’il s’agissait pourtant d’un dossier-clé de sa campagne présidentielle en 2008. Quant à la question épineuse des changements climatiques, il faudrait des miracles pour que le sommet de Copenhague prévu en décembre propose des avancées significatives par rapport aux objectifs de Kyoto. Évidemment, les États-Unis ne sont pas responsables du manque de volonté de certains États voyous (dont le Canada), mais, par le poids immense dont ils disposent sur l’échiquier international, ils possèdent un devoir de persuasion.

Qu’en est-il des intentions militaires de ce nouveau Nobel de la paix? Il faut se réjouir de l’annonce du retrait des troupes d’Irak d’ici la fin 2011 (décision entérinée le 15 novembre par le gouvernement irakien). Toutefois, cette décision cache une intention d’intervenir plus massivement en Afghanistan. Obama déclarait récemment la nécessité de déployer des militaires supplémentaires (30,000) en sol afghan «to finish the job». Avant de «terminer le travail», ne faudrait-il pas d’abord définir clairement les objectifs de cette mission qui s’enlise dans un véritable bourbier? Le chaos des élections afghanes d’août dernier montre clairement un pays en proie à la désorganisation et à la corruption. La situation est-elle pire qu’avant l’amorce de l’occupation du pays en 2001? Difficile à dire, mais elle n’est sans doute pas meilleure, ni d’un point de vue de la sécurité, ni sur le plan de la condition des femmes.

En choisissant son récipiendaire du Nobel de la paix 2009, le comité Nobel a posé un geste politique. Les incidences symboliques allant de pair avec ce prix sont immenses. Barack Obama doit dorénavant concilier ses rôles antinomiques de commandant en chef des armées de son pays et de prix Nobel de la paix. Non seulement des responsabilités immenses lui sont incombées à un moment charnière de l’Histoire humaine, mais le vent d’espoir (Hope) qui l’a propulsé au pouvoir a fait de lui ce surhomme ou ce super-héros que l’Histoire ne manquera pas de juger sévèrement. Il lui est alors impératif de rompre avec cette tradition belliqueuse que ses prédécesseurs lui ont léguée. Toute sa crédibilité en dépend.

mardi 7 octobre 2008

God Bless Obamerica

L’identité du prochain président des États-Unis sera connue le 4 novembre prochain. Après huit années de pouvoir républicain sous la gouverne de George W. Bush, le bilan est particulièrement désastreux et les défis du successeur à la présidence sont colossaux.

D’un point de vue économique, le surendettement a fait plonger le pays en pleine crise financière et aucun plan de redressement ne pourrait avoir un impact majeur à courte échéance. En politique étrangère, les États-Unis vivent présentement leur «deuxième Viêt-Nam» en Irak depuis le printemps 2003 et ils sont incapables de sortir dignement de ce bourbier. En politique intérieure, les écarts sociaux vont grandissant. Le filet de sécurité sociale est pratiquement nul, en santé notamment, et le système d’éducation élitiste favorise la reproduction de classes sociales très inégalitaires. Enfin, les taux de criminalité atteignent des sommets.

Il ne faudrait pas non plus passer sous silence le passé esclavagiste étasunien qui ressurgit lors de chaque crise identitaire. Le racisme et les écarts socioéconomiques entre Blancs et Noirs sont toujours présents, comme l’ont démontré les répercussions de l’ouragan Katrina à l’automne 2005. Il faut aussi noter les conditions de vie lamentables de milliers d’immigrants clandestins des États frontaliers du Mexique. Enfin, la répression est souvent privilégiée à la prévention comme en témoignent les taux alarmants d’emprisonnement chez les populations noires et latino-américaines.

Cette difficile conjoncture est celle qui attend le nouveau président des États-Unis en janvier prochain. Barack Obama est sans doute mieux placé que John McCain pour personnifier le changement par rapport à la présidence Bush. Il est clair que son parti véhicule des idées plus progressistes, pluralistes et ouvertes aux réalités de notre siècle; qu’on pense à la lutte à la pauvreté ou aux politiques voulant contrer le réchauffement planétaire. Mais malgré cela, une bonne partie de la campagne se joue sur un tout autre terrain : celui de la morale chrétienne.

Le mariage entre politique et religion prend une place imposante aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001. Aux États-Unis, un bon président est davantage qu’un bon chef ou un bon guide; il est par-dessus tout un bon chrétien et un bon père de famille. D’où cette importance démesurée accordée aux pratiques religieuses et à la vie familiale de chacun des candidats. Présentement, Barack Obama cherche à tirer à son avantage ce voyeurisme médiatique en convainquant qu’il personnifie mieux que McCain les bonnes valeurs de l’Amérique. Il bâtit notamment sa campagne électorale sur la mémoire de Martin Luther King et Robert Kennedy; sur les valeurs d’espoir et de justice que ces derniers véhiculaient. En capitalisant sur cet héritage, Obama acquiert cependant un caractère presque surhumain qui viendra inévitablement lui jouer des tours. L’Amérique ne recherche pas qu’un président, elle recherche un sauveur!

Si Obama est élu en novembre, les attentes à son égard seront si énormes qu’il ne pourra que décevoir. Comment satisfaire les ambitions hégémoniques de la plus grande puissance militaire du monde quand celle-ci croule sous les dettes? Comment s’adapter aux poussées migratoires associées à la mondialisation quand un vent néoconservateur déferle sur le pays? Comment adopter des politiques de redistribution de la richesse dans un pays qui a le communisme en aversion? Comment convaincre les gens de consommer de manière plus responsable quand surconsommation est associée à prospérité?

Il faut demeurer lucide. Les États-Unis vivent une période de crise sans précédent. Aucun homme seul, aussi charismatique et compétent puisse-t-il être, ne pourrait sortir le pays de l’impasse. Le problème de l’Amérique est viscéral et touche les fondements mêmes de sa société : son mode de vie, sa consommation, sa perception de la réussite sociale. La vision d’un Barack Obama salvateur est certainement erronée. Elle n’est qu’une illusion habilement entretenue par les progressistes américains pour vaincre McCain. Prévoyons cependant un retour difficile à la réalité au lendemain des élections.

Publié au Nouvelliste le 9 octobre 2008

http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/opinions/200810/09/01-28109-god-bless-obamerica.php

Publié à La Presse le 14 octobre 2008

http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/200810/14/01-29179-god-bless-obamerica.php