Ce blogue a pour objectif de présenter des textes d'opinion ou divers travaux en sciences sociales que je produis.
mercredi 16 septembre 2015
Le bon père de famille
lundi 30 mars 2015
Objectifs du Millénaire : l'heure du bilan
mercredi 9 mai 2012
Faire mine de coopérer
lundi 30 août 2010
Ces coalitions indésirables mais nécessaires
mercredi 3 mars 2010
Une place de choix pour les autochtones aux Jeux de Vancouver?
Texte de membres de Comité de Solidarité de Trois-Rivières
Nancy Baril, Brian Barton, Jules Bergeron, Denise Caron, Élisabeth Cloutier,Chantal Chicoine, Maude Goudreault, Claude Lacaille, Annie Lafontaine, Daniel Landry, Jean-Claude Landry, Pierre Lavergne, Mario Lemelin, Louise Létourneau, Jean-Marc Lord, Maude Marcaurelle, Mariette Milot, Anick Michaud, Nicole Philippe, Sylvie Poirier, Béatrice Porco, Marguerite Surprenant
Le Comité olympique de Vancouver (COVAN) a engagé les quatre nations autochtones sises sur le territoire de Vancouver-Whistler dans l’organisation des Jeux d’hiver comme partenaires et hôtes officiels. La cérémonie d’ouverture leur a fait une large place et leurs dirigeants se tenaient à la tribune aux côtés de la gouverneure générale du Canada, du Comité international olympique et de la COVAN. Symboliquement, ils reprenaient la place qui leur revient au pays comme chefs des Premières nations devant des millions de spectateur du monde entier.
Au plan économique, ces Premières nations se sont vues octroyer des millions de dollars en échange de leur appui et des retombées importantes pour les entreprises et les travailleurs autochtones. Mais surtout les Jeux d’hiver ont été l’occasion de rendre visibles les Premières nations aux yeux du monde. Aux jeunes autochtones de communautés isolées et marginalisées, l’évènement a pu procurer un sentiment d’appartenance et de fierté.
L’argent n’achète pas la dignité.
Vancouver demeure un foyer d’extrême pauvreté et connaît la plus grande crise d’itinérance en Amérique du Nord. Les autochtones forment 30% des sans-abris alors qu’ils ne forment que 2% de la population de la province.
Aussi, la visibilité donnée aux autochtones leur a donné l’opportunité de dénoncer la situation coloniale dans laquelle ils se trouvent. Profitant de la présence de 10 000 journalistes accrédités, le chef de la nation squamish, Bill Williams, n’a pas hésité à dénoncer le peu de soutien des gouvernements provincial et fédéral envers les Premières nations. Car la situation des autochtones au Canada est inacceptable.
Le grand chef de l’Assemblée des Premières nations, Shawn Atleo, a rappelé au Premier ministre Harper qu’il ne suffisait pas de faire des excuses pour les pensionnats, mais qu’il fallait investir en éducation. « L’éducation fut un instrument pour nous éliminer dans le passé, mais elle pourrait devenir le moyen de nous libérer de la pauvreté et du désespoir ». Seulement 8% des autochtones ont complété leur secondaire et ce pourcentage se réduit à 4% sur les réserves. M. Atleo a pour objectif de permettre à 65 000 autochtones de terminer leurs études postsecondaires dans les cinq prochaines années. « Le prochain budget fédéral devrait le prévoir ».
Le Canada est toujours un pays colonialiste
Au sommet du G20, en septembre 2009, Stephen Harper déclarait: « Nous n’avons pas d’histoire de colonialisme. » C’est le colonialisme qui a donné lieu aux pensionnats autochtones dans un but d’assimilation; à la loi sur les Indiens qui a rejeté les formes traditionnelles de gouvernance et discriminé les femmes; au vol des terres et à la relocalisation forcée des communautés; à la criminalisation et la suppression des langues et des cultures; au sous-financement chronique des communautés et des programmes gouvernementaux et enfin au refus de signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations unies qui reconnaît leur droit à l’auto-détermination. Sur la scène internationale, le Canada a été durement critiqué pour le traitement fait aux peuples autochtones et le non respect des droits aborigènes et des traités. Le colonialisme se perpétue.
Nous exigeons donc que le gouvernement fédéral mette fin à son isolement international en signant la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations unies, votée par l’Assemblée générale de l’ONU le 13 septembre 2007 et en se conformant aux recommandations du Conseil des droits de la personne de l’ONU qui a constaté le non respect par le Canada des droits politiques, économiques et sociaux des Premières nations.
mercredi 15 avril 2009
Une guerre juste?
Utilisant la publicité de manière magistrale (à la télévision, mais aussi dans les écoles), notre propre gouvernement vend présentement cette guerre à des jeunes hommes et femmes en quête d’adrénaline. Joignez les Forces pour vous dépasser! Joignez les Forces pour apprendre un métier (ce qui n’est pas négligeable en temps de récession)! Joignez les Forces pour servir une cause juste!
Au fait, qu’est-ce qu’une guerre juste? Une guerre n’est-elle pas juste qu’aux yeux de l’envahisseur ou du vainqueur? N’est-elle pas juste qu’a posteriori, c’est-à-dire une fois l’Histoire écrite? Certains répondront que les plages ensanglantées de Normandie en 1944 évoquaient le symbole suprême de la guerre juste. Soit. Mais il ne faudrait pas se cacher éternellement derrière l’argumentaire d’un autre siècle pour justifier les missions militaires contemporaines. Les défis et les menaces internationaux sont aujourd’hui d’un tout autre ordre. Face à la possibilité de son extinction d’ici la fin du siècle, l’humanité doit définir une nouvelle forme de vivre-ensemble. Elle doit privilégier le tissage de liens de solidarité qui passent par la société civile (organisations non gouvernementales notamment), et non par l’imposition de présences militaires là où elles ne sont visiblement pas désirées.
Il ne faut pas confondre «guerre juste» et «guerre justifiée». Les gouvernements étasunien et canadien justifient leur présence militaire en Afghanistan par les valeurs démocratiques et libérales qu’ils disent y importer. Selon cette rhétorique, des soldats canadiens perdraient leur vie au Moyen-Orient pour stabiliser la région, pour améliorer le statut des femmes afghanes, pour «aider» l’Afghanistan à s’organiser politiquement. Face à eux, se trouverait une population rétrograde et résistante, portant les germes du terrorisme islamiste. À en croire un tel discours, les soldats canadiens se trouveraient au centre d’une véritable mission civilisatrice.
Cette altération de la réalité est non seulement absurde, mais totalement malhonnête. Un gouvernement ne risque pas la vie de ses citoyens uniquement pour des valeurs et des principes, aussi nobles soient-ils. Il se bat d’abord et avant tout pour des raisons géopolitiques : l’accès et le contrôle de ressources, l’ouverture de nouveaux marchés, le renforcement de sa position sur l’échiquier politique mondial, l’augmentation de son influence sur d’autres gouvernements ou d’autres populations. Cela n’a rien à voir avec le statut de la femme ou la mise sur pied d’un système démocratique.
À cet effet, ces dernières semaines, les médias canadiens parlaient d’un immense recul de la condition féminine au sein des communautés chiites afghanes avec la promulgation d’un code de la famille sexiste, voire misogyne. Il s’agit d’une preuve flagrante que la justification de la présence canadienne en Afghanistan ne tient plus la route. À ce stade, de deux choses l’une : ou bien les Canadiens expliquent autrement leur présence en Afghanistan, ou bien ils quittent.
Cette mission canadienne va non seulement à l’encontre de toute élaboration d’un projet solidaire entre le Canada et un pays «en voie» de développement, mais elle participe à l’exacerbation des tensions entre l’Occident et le monde musulman. Elle prend des allures de projet néocolonialiste auquel il est urgent de s’opposer.
Publié à La Presse le 17 avril 2009
Publié au Nouvelliste le 18 avril 2009
samedi 20 septembre 2008
Un système électoral gravement malade!
Cette campagne s’annonce sans aucune surprise de taille, sans réel bouleversement. Pourquoi? Parce que derrière des apparences trompeuses d’ouverture aux courants d’idées minoritaires (en raison d’un pluralisme des idées apparent, durant les débats des chefs notamment), le système électoral canadien ne permet d’aucune manière l’accès au pouvoir à un tiers parti. Jack Layton peut bien scander haut et fort qu’il veut être «notre prochain premier ministre», ses espoirs réels sont beaucoup plus modestes qu’il n’y paraît. Comme à chacune des élections fédérales depuis 1867, la véritable course se fait à deux.
Dans le coin droit, le gouvernement sortant. Un gouvernement conservateur qui, en plus de demeurer complètement insensible aux enjeux culturels et environnementaux, se ferme au monde extra-américain en matière économique. Ses priorités témoignent d’une vision du siècle dernier : exploitation pétrolière, interventionnisme militaire, renforcement de la répression et de la sécurité.
Dans l’autre coin droit, le Parti libéral qui se donne des airs progressistes (facile à faire dans le contexte actuel). Dans une campagne reposant principalement sur l’image, le manque de charisme de Stéphane Dion s’avère préoccupant, voire problématique, pour le Parti libéral. Toutefois, la désorganisation de ce parti, depuis que Dion est en poste s’avère plus troublant encore. Ce dernier cache mal son manque de vision derrière son plan vert. La déconfiture de son parti au Québec (depuis le scandale des commandites) le fait très mal paraître. C’est sans compter qu’il peut difficilement cacher les ambitions de ses collègues (les Ignatieff, Rae et Coderre) qui le regardent s’engouffrer tels des charognards regardant agoniser leur prochain repas.
Pourquoi une autre option n’est-elle pas possible aux Canadiens? En raison du déficit démocratique inhérent au mode de scrutin actuel! Aucune proportionnalité n’étant admise dans le système, les Canadiens votant selon leurs convictions idéologiques profondes seront pénalisées : le vote de plus de la moitié des électeurs ne sera donc pas pris en considération. Le vote stratégique, pragmatique – utile disent certains – sera récompensé. Ainsi, un supporter du Bloc québécois dans Outremont voterait pour Thomas Mulcair du Nouveau parti démocratique (NPD) s’il veut être stratégique; et parallèlement, un supporter du NPD dans Trois-Rivières voterait pour Paule Brunelle du Bloc québécois. Tout cela dans le but de freiner les Conservateurs et de les restreindre à leur statut de minoritaire.
D’être conscient de cette lacune du mode de scrutin est une chose, mais quand des citoyens mettent en branle le troc de votes par Internet (voir le site Pair Vote ou Troc de votes sur Facebook), voilà le véritable signe que le système électoral est malade. Déresponsabilisation de l’État oblige, les citoyens en sont-ils rendus à devoir transformer eux-mêmes, da manière artisanale, le mode de scrutin? L’adaptation d’une forme de scrutin datant de 1867 à la réalité du XXIe siècle est-elle si compliquée à faire? La réponse est non! Ce n’est qu’une question de volonté politique, cette même volonté qui manque de manière aussi flagrante au Québec, où le mode de scrutin est identiquement déficitaire. N’est-il pas temps de s’éveiller et de comprendre pourquoi règne tout ce cynisme ambiant dans le monde politique? Voici peut-être un élément de réponse.
Publié au Nouvelliste le 23 septembre 2008
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/tribune-des-lecteurs/200809/23/01-22787-un-systeme-electoral-tres-malade.php
dimanche 9 mars 2008
Quand militarisme et éducation s'entremêlent
(Texte écrit à la suite de parution de publicités de l'armée canadienne dans un journal de mon Collège)
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le Canada était perçu comme un pays pacifique et un pays neutre. Les missions de ses militaires étaient réservées exclusivement à des fins pacifiques. Vivons-nous une modification de la situation depuis que les militaires canadiens sont en Afghanistan? Se pourrait-il qu’au-delà des grands idéaux clamés par notre gouvernement conservateur, ce soit des motivations stratégiques économico-géopolitiques qui poussent une partie des États occidentaux à aller s’investir (et investir surtout des vies humaines) en Afghanistan? Ces questions doivent demeurer au cœur de l’actualité. Elles doivent être débattues dans les médias ainsi que dans tous les milieux éducatifs visant à former les citoyens de demain.
Oui! L’école est un lieu pour discuter, débattre, argumenter. Ce n’est pas un lieu pour recruter. Aussi militariste puisse être notre gouvernement, il est tout à fait inacceptable que l’armée canadienne vienne faire sa propagande dans nos écoles (collèges et universités). L’armée a ses collèges militaires. Si elle veut faire la promotion de ses programmes, c’est une chose. Mais vendre l’armée, vendre l’enrôlement, vendre la guerre, c’est à mes yeux criminel.
Le Collège Laflèche, en tant qu’institution qui forme des citoyens, en tant qu’institution socialement responsable, devrait refuser que l’armée canadienne vienne faire sa propagande dans son établissement (sous forme de publicité insidieuse entre autres). Il est du devoir de cette institution d’informer des enjeux de cette guerre. Mais refusons-nous à nous laisser réduire à cette logique marchande qui fait de l’étudiant lui-même un potentiel marchand… dans ce cas, une potentielle chair à canon.




